19 avril – Randonnée dans la montagne sacrée du Phnom Kulen

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A l’ordre du jour, une randonnée d’environ 4 heures dans la région du Phnom Kulen, «  la montagne de litchi » Sur notre passage, une forêt luxuriante nous entoure et j’apprends que cet endroit est la source même de l’identité Khmer, lieu le plus sacré du Cambodge, dû à son histoire, que je vous conterai plus loin. On arrive devant la rivière aux mille lingas. C’est ainsi que Shiva est personnifié, par des pierres dressées représentant le sexe masculin se tenant fièrement au milieu du yoni, symbole de l’organe sexuel opposé ; Cette association rappelle que les principes mâles et femelles sont à jamais inséparables, incarnant à eux deux la totalité de toute existence.. Histoire de remettre les choses à leur place ! En parlant des dieux, ils restent assez complexes et contradictoires. Brahma est le dieu de la création, mais aurait obtenu le titre en trichant au combat. Vishnu est le dieu bienveillant, le protecteur et gardien des lois universelles, se reposant sur un lotus posé sur le serpent au milles têtes, illustré devant moi, sous un lit de rivière. Puis Shiva, revendique la destruction car ce qui est détruit a pour but la création d’un monde nouveau. Ils forment à eux 3 la « Trimurti », le cycle du temps, l’éternel, l’infini. Ce lieu respire la spiritualité et mon plus grand respect. Regardant quelques Cambodgiens déposer des offrandes aux dieux par la rivière, les gens prient leurs divinités pour les honorer dans le but d’être protégé. D’autres sculptures sont visibles, mais après l’occupation des khmers rouges, le site a été fermé afin de déminer l’endroit dans les années 2000. La conséquence a été l’inévitable pillage de certaines pierres. Nous arrivons à cette cascade sortie de nulle part, cachée par la forêt tropicale où ont été sculptés de nouveaux lingas, indiquant le nord. Nous sommes tous sereins devant cette rivière, qualifiée comme le deuxième Gange. Ici, nous explique notre guide, c’est un peu le château d’eau de la région d’Angkor, à l’endroit même où la rivière de Siem Reap prend sa source. En 802, du haut de Phnom kulen, Jayavarman II proclama l’indépendance du Royaume, auparavant rattaché à Java. Phnom Kulen est de nos jours un haut lieu de pèlerinage des Cambodgiens, ajouté à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est alors que le chemin devient plus sombre au fil des pas, dû à la végétation qui nous entoure, donnant l’endroit encore plus mystique et intriguant. Les arbres et les lianes se mélangent et nous laissent un passage étroit qui serpent dans la forêt. Le bruit strident et imposant des cigales ajoutées aux chants irréguliers des oiseaux m’obsèdent. Nous sommes loin d’être seuls, nombreux sont ceux qui nous accompagnent et nous observent dans ce lieu sacré. S’ajoute au tableau, de magnifiques papilons rattachés au sol, attiré par la spécificité de la terre à la fois acide et sucrée, ils ont d’ailleurs nommé un pont « le pont des papillons », là où ils vivent par dizaines. Sur le retour de note randonnée, après avoir visité le lieu sacré du grand bouddha couché dans son temple en altitude, nous arrivons subjugués sur le site du Sra Damrei. Je m’arrête devant ce remarquable monolithe représentant un éléphant grandeur nature, ébahie par ce travail fournit du IXème siècle. Deux lions et un taureau se tiennent à coté, encore intacts, comme si la nature avait décidé de protéger ces pierres. Ils dominent cette clairière et seraient selon la légende, les protecteurs d’Angkor, capitale des rois khmers. Phoung, note guide s’assied aux pieds de l’imposant pachyderme et regarde autour de lui, serein et satisfait. «  C’est un lieu magique et très important pour nous, explique-t-il. Tout note histoire a pris naissance ici, dans cette jungle grâce à note ancien roi aidé par les dieux, dont nous serons toujours reconnaissant. » Ce lieu est magique pour lui, ce moment l’est pour moi. Cette montagne regorge de secrets encore à découvrir, Phnom kulen en a décidé ainsi, ce qui fait le bonheur des chercheurs, mais aussi des pileurs. Il nous reste encore tant à apprendre de ce pays, de son peuple et de son passé fascinant. Nous arrivons chez l’habitant, pour note nuitée, avec un accueil généreux et chaleureux de la famille Chhun , une manière agréable d’ être en réel contact avec le peuple khmer, ces habitudes et coutumes. La famille nous aide à nous préparer pour la nuit. Les matelas, moustiquaires et ce qui s’en suit sont mis à disposition pour note plus grand confort. En attendant, la patronne de maison prépare le diner et l’on peut déjà humer les multiples senteurs d’Asie.. Je regarde avec curiosité la préparation variée des plats khmers, les enfants s’en amusent. J’aimerai communiquer avec eux mais à défaut de ne parler leur langue, les sourires s’échangent et remplacent les mots alors inutiles. L’extinction des feux est à 20h, le générateur s’éteint. Je me remémore alors cette journée en fermant les yeux. J’en conclus que le charme de Phnom kulen n’est pas prêt de s’éteindre, ravivant les esprits, prières et mythes en tout genre, cette adresse aura marqué note passage au Cambodge. Le lendemain, Vat nous rejoint pour nous faire découvrir le projet de développement durable ADF Kulen, pour lequel une partie des fonds de notre voyage est versé. Ca apaise les consciences de contribuer à aider le pays au développement, c’est aussi pour cela que j’ai choisi Terre Cambodge comme agence, sensible à cette cause et précurseur du projet. Nous arrivons sur le site archéologique, un vrai terrain de fouilles. Les gens sont minutieux avec la terre par peur de blesser ce qu’elle peut laisser apparaitre… La précision de leur travail m’impressionne. On nous explique que la zone a été très peu exploré jusque-là, alors qu’elle recouvre un patrimoine exceptionnel des périodes préangkoriennes. Je me rends compte qu’une partie de l’histoire de ce pays est donc sous nos pieds attendant sagement qu’on vienne les trouver. Sur le site, ils travaillent en équipe et se transmettent les moindres informations, du plus ancien au plus jeune, pour que les générations futures puissent continuer et approfondir les recherches. C’est pour cela qu’une cinquantaine d’étudiants passionnés travaillent d’arrache-pied pour découvrir leur histoire et pouvoir conserver les joyaux du passé si mystérieux. Sur place on visite la ferme aux champignons, pensée et mise en place par l’association ADF Kulen, ces produits sont désormais source de revenus pour les familles défavorisées. Un peu plus loin, une école est construite depuis peu. Les enfants sont adorables avec leurs uniformes et semblent soucieux d’apprendre d’avantages avec leurs livres d’école à la main. Leur engouement m’émeut, conscients de cette chance de pouvoir étudier, ils semblent remercier l’association ouverte pour eux. Grâce aux dons, on apprend qu’une aide nutritionnelle pour des enfants a aussi été mise en place. C’est ainsi que des repas apportés aux plus démunis ont permis à quelques un d’entre eux de survivre, l’association peut en être fière. La déforestation du lieu un peu plus loin me faits mal au cœur, mais les gens sont concernés et semblent reculer devant rien pour redonner vie au paysage, replantant une végétation d’origine locale afin de retrouver la nature initiale. C’est après 5h de trek à travers la forêt de Phnom kulen que nous retrouvons notre véhicule, désormais plus conscient de l’écologie du pays et des enjeux d’un tourisme solidaire.

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